Phénomène 22

Phénomène 22

notation: +6+x


Info

achair

Ceci n'est pas une chaise.

SCÈNE.

Dans le coin d'une pièce quelconque se trouvent deux individus. Ils sont assis l'un à côté de l'autre dans un box, lisant une page web sur un écran CRT.


T'es en train de me dire que tout ça, c'est pour une chaise ?

Quatre pieds, oui. Quelque chose sur lequel tu peux t'asseoir, en effet. Un dossier ? Peut-être. Je n'en sais rien. Probablement.

Et, à ta connaissance, est-ce que les chaises sont capables de meurtre ?

Pas d'elles-mêmes, non. À ma connaissance. Celles sur lesquelles nous nous asseyons sont au minimum miséricordieuses envers nous.

C'est surprenant alors que ce seul meuble semble être responsable de la mort de vagabonds.

Peut-être que nous sommes parmi les morts.

Peut-être. Est-ce que cela importe ?

Je suis incapable de me souvenir de si ça le doit.

Je peux me sentir en train de respirer, je pense que c'est assez pour me considérer comme étant "vivant".

La vie. T'en penses quoi ?

Pas grand chose. Comment vont tes parents ?

De la dernière fois que je les ai vus, ils vont bien. Ils vont bien depuis dix ans.

La vie. T'en penses quoi ?

Il y a des hauts et des bas. Tout et tout le monde sont différents et pourtant tous les mêmes, tout le temps, partout, l'entièreté du temps et tout. Je me souviens m'être réveillé ici hier. Je ne me rappelle pas de mes dix dernières années, mais je me rappelle d'hier. Ça allait. C’était tout pareil, partout, tout le temps. Mes parents vont bien, ma mère est- Et ça me semble si étrange, où sont les rapports de vente ? Nous étions supposés les avoir d'ici aujourd'hui ! Plus personne ne vient dans mon bureau, ils préfèrent plutôt se perdre dans un labyrinthe de couloirs, je me suis perdu dans l'un d'eux une fois, c'était tout jaune et humide, et depuis je suis coincé ici. Est-ce que c'était hier ? Je pense que ça l'était, et aussi il y a dix ans et juste maintenant. Tu penses quoi des chaises ?

Quatre autres individus passent à côté. Tous ont l'air d'être confortable à s'asseoir dessus. Ils ne les remarquent pas.

Qu'attendons-nous ?

Pas grand chose.

Pause.

Et toi ?

Je vais bien. Quand est-ce que l'image apparaîtra ?

Ils montrent l'écran du doigt.

Quand son apparition sera commode.

Ah, donc pas maintenant, si je comprends bien ? Alors nous devons attendre. T'en penses quoi ?

Quoi ?

La Chaise.

Elle nous a éloigné de nos chagrins, éloigné de nos craintes primitives. Elle nous a donné un nouveau sens et un nouveau but en nous laissant sans sens et sans but. Je suis content que nous nous soyons enfin donnés à elle, tout le monde est heureux et uni autour d'un seul objectif. J'ai soif, tu as de l'eau ? Et au dessous de tout, nous avons enfin trouvé une vérité méritant notre vénération. Nous avions peur de cet endroit autrefois, nous étions effrayés des créatures qui rôdaient autour, nous rejetions ceux qui nous dénonçaient comme étant "fous" ou "délirants", et vers cela nous a mené ? La mort. Le désespoir. Le déni face à cette nouvelle réalité, notre nouvelle maison. Pas grand chose, et toi ?

De sage mots.

Ça n'a toujours pas ch- Hé, ça te dérange si on échange nos places ?

Oh non, vas-y.

C'est bien mieux. Maintenant, où étais-je ? Laisse-moi lire le script…

Il feuillette son texte.

Ok… Ça n'a toujours pas chargé ?

Maintenant n'est pas le moment. Et toi, qu'elle en est ton opinion ?

De quoi ?

La Chaise.

Une véritable tragédie, ces morts. Mais peut-être étaient-elles nécessaires pour le salut de l'humanité. Pense-y, pourquoi questionnons-nous les vraies intentions de la Chaise quand elle a agi dans notre intérêt depuis le début ? Nous ne sommes plus étrangers à ces mondes, nous ne faisons plus qu'un avec eux. Cela est grâce à son travail bienveillant.

Et pourtant, nombreux sont ceux qui n’ont pas vu la lumière.

Qui ne l'a pas vu ?

Si nous devons être honnêtes, quiconque se trouvant hors de cette pièce.

Ce qui est dehors de cette salle n'est pas important.

Du moment que nous sommes protégés par la Chaise, bien que d'autres forces ont tenté de défier son autorité. De fait, il a été dit qu'Argos est actuellement en train de mener une guerre dans le monde légal.

Et qu'implique une guerre légale ?

Des arguments légaux. Des documents légaux. Des différends légaux. Des résultats légaux ?

Et quelles sont les conclusions légales ?

Légalement peu concluante. Légalement encore en train de se produire. J'ai entendu dire que les documents résultant de ces différends ont, d'une façon ou d'une autre, rempli la bibliothèque de la Dame. Tels sont les pouvoirs immenses de notre bienfaitrice.

Impressionnant. Je réalise que nous n'avons jamais tourné notre dos.

Pourquoi faire ? Ce n'est pas comme s'il y avait quelque chose derrière nous.

Non, tu ne comprends pas. Nous ne pouvons pas tourner notre dos. Vas-y, essaye.

Mon corps est rigide. Que c'est perturbant. Que c'est étrange. Que c'est arbitraire. J'ai la volonté de me retourner, mais point la capacité. Comment est-ce possible ?

Hmhm. Je me sens étourdi, hors de ce monde. Tu sais, quand on y pense, depuis combien de temps sommes-nous ici ? J'ai faim, je pourrais manger un cheval ! Les chevaux ne sont pas réels. Les chaises le sont. La seule chose en qui tu peux avoir confiance est une chaise. C'est ce que ma mère m'a dit. Ma mère est ma mère elle où suis-je je pourrais boire une chaise et on ne devrait faire qu'un avec la chaise Mais dis-moi ce que tu en penses.

Mon corps est rigide. Que c'est perturbant. Que c'est étrange. Que c'est arbitraire. J'ai la volonté de me retourner, mais point la capacité. Comment est-ce possible ?

Tu viens juste de le dire.

Mais n’est-ce pas là le propos de la Chaise ?

De quoi est fait la Chaise ?

Simplement, la chaise ne peut être fait que d'une seule chose, du bois. J'adore le bois. J'ai dédié la dernière moitié de ma vie à la recherche du matériel parfait pour la Chaise. J'ai déduit que ça doit simplement être du chêne ! La texture, sa flexibilité, sa texture exquise. Quoi de plus souple que du chêne ? Je pourrais dormir dans du chêne, remplacer ma chair épuisée par quelque chose de si sain et solide. Pourquoi ne suis-je pas né une chaise ? Non seulement ça, mais le bois de chêne c'est si patriotique, j'aime ma nation, et est-ce qu'il n'y a pas un meilleur moyen de montrer ton amour pour ta nation, ta chaise et ton bois qu'en achetant des chaises en bois ? Ou bien même, de construire ta propre chaise ? Mais quand bien même, une chaise ne peut être supérieure à la Chaise. Seulement une pale copie, au mieux. Enfin soit, j'aime le bois. Le vieux, vieux, vieux, vieux bois. J'adore son odeur. Je pourrais le renifler toute la journée. Je pourrais manger du bois. Ça me fait mal au ventre, mais ça vaut le coup.

Je respecte ton amour pour le bois, mais tu sais qui j'aime encore plus ? La Chaise. Et la Chaise, avec tout mon respect qui t'es dû, ne peut simplement être faite de bois. Le bois doit être travaillé pour en faire une chaise, ce qui signifie qu'elle est fabriquée par un humain. La Chaise n'est pas fabriquée par l'humain, elle a fabriqué l'humain. Elle a fait ce que nous sommes. Et j'aimerais que tu le voies, elle ne peut pas être faite de bois… elle ne peut juste pas ! Elle doit être constituée de l'entièreté des atomes qui composent notre existence entière. Elle est à ce point puissante, à ce point magnifique. Je pourrais faire tellement de choses pour la voir, mais pour l'instant nous devons attendre.

Mais j'aime le bois.

J'ai mal à la tête. Hé, as-tu remarqué à quel point le monde autour de nous a changé ?

C'est le cas ?

Eh bien.

Pause.

Ça.

Pause.

L'est.

Pause.

Non

Purée

De pomme de terre.

Oui purée de pomme de terre.

Et dire qu'ils voudraient changer cet endroit parfait ! Pourquoi feraient-ils ça ? Pourquoi feraient-ils ça ?! Pourquoi. Feraient. Ils. Ça. Nous étions SI LIMINAUX. Nous étions si UNIQUES. Nous étions si GRANDS. Et que font-ils ? Ils y foutent des gens ! J'adorais quand c'était vide ! J'adorais quand il n'y avait rien ! Regarde, laisse moi te montrer à quel point c'était putain de cool. Regarde ça.
































Il ne dit rien. Les espaces sont liminaux.

Il ne dit rien. Les espaces sont encore plus liminaux.

Pause.

Pause.

Pause.

Leurs personnes physiques s'évaporent lentement mais sûrement, au fur et à mesure que le caractère liminal de ces espaces submerge leurs consciences. Pourquoi nous sommes-nous embêtés à ajouter des personnages à cette histoire, pourquoi avons-nous tenté de développer l'histoire ? Ça ne sert à rien ! C'est complètement inutile ! Laissons-nous nous débarrasser de ce gâchis mémoriel, cette perte de temps ! Regardez, assez de ces conneries du MEG, assez des Yeux d'Argos ! Qui sont ces "Demoiselles Masquées", même ? Et puis, ne parlons même pas de ce foutu "Panthéon" ! Comment osent-ils faire sens d'un monde qui serait bien mieux s'il restait inexploré, inexpliqué ! Nous avons la meilleure compréhension, la meilleure vision, la meilleure ambiance ! Le reste n'est qu'une piètre parodie, une moquerie de la seule vraie vision. Maintenant que la table est rase, que la paix règne.



Solitude. Que c'est captivant.

Silence pur. La qualité liminale de ces espaces atteint des niveaux jamais vu auparavant. Le concept de "niveaux" est lui-même effacé, laissant place à une entropie de liminalité, où tout et rien est liminal. Les entités ne sont plus, si ce n'est pour la seule suggestion d'une présence passée. Un bruit bourdonnant émanant des néons au plafond de notre construction parfaite peut être entendu. Il ne s'arrête jamais. Les couloirs sont non-euclidiens parce-que c'est ce que les espaces liminaux sont. Non-euclidien, c'est un mot éloquent, n'est-ce pas ? C'est parfait. C'est parfait. C'est parfait. C'est parfait. C'est parfait. C'est parfait. C'est parfait. Est-ce parfait. C'est parfait.

Level%200

Tout ce qui restera.
























…Nous ennuyons-nous ? Non, ça ne peut pas être possible.




Allons, ceci est l'apogée de ce que cet univers parallèle a tenté de réaliser ! Tout ce qui vient après ça est du remâché. Comment cela pourrait-t'il être ennuyeux ? Ça n'a pas de sens.




…Quelque chose nous embête. Boredom. Il apparaît qu'il est difficile d'extraire de l'intérêt à partir de rien. Peut-être que ça manquait d'une chaise. Ou d'autre chose.

Mais alors, si un espace étant caractérise comme liminal n'est pas assez pour rendre l'histoire de quelqu'un intéressante, que faut-il faire ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

On a essayé de faire sens des choses. On a expliqué, on a inventé, on a balancé des significations simples à des endroits qui n'en avaient pas. Les formats et les tons ont changé. Nous étions une bande d'ados et de jeunes adultes imitant des scientifiques et des bibliothécaires. Mais c'est… mais c'est tout aussi morne, n'est-ce pas ?

Ça doit nous être utile. Sinon, comment l'humanité pourrait s'épanouir dans un univers aussi hostile ?

La Chaise. A-t'elle besoin d'explications ?

DESCRIPTION
Le Phénomène 22 est la designation donnée à un nombre inhabituel de blessures, de disparitions et de morts inexpliquées ayant lieu dans une pièce du quatrième étage du Niveau 4. Peu de choses sont connues à propos de la pièce en elle-même, si ce n'est la présence rapportée d'une chaise en son centre, et l'incapacité des individus de se souvenir d'autre chose que de la présence de l'objet. Son emplacement exact n'est pas précisément connu, bien qu'il a été déterminé qu'un vagabond puisse se retrouver dans la pièce en tournant à gauche dans quatre intersections à la suite. À ce jour, quatre morts ont été confirmées, huit individus sont portés disparus, tandis que seize autres ont été légèrement blessés et trente-deux lourdement blessés1. Les décès signalés ont toujours blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah blah… Les individus portés disparus sont considérés comme perdus à jamais, puisqu'il y a une possibilité non-négligeable que ceux-ci se trouvent dans la pièce; du fait des propriétés inhérentes au lieu, ils pourraient ne pas être sauvés.

L'auteur a certainement essayé. Je ne suis pas certain que la Chaise soit absolument insensée. Nous lui avons donné notre confiance absolue, ça veut dire que nous devons y croire ; en ce sur quoi elle se tient.

Mais sur quoi se tient-elle, même ?

Sur ses quatre jambes.

Quatre hommes ne font plus qu'un avec la Chaise. Ils ne les remarquent pas.

Qu'est-ce qui rend une chaise supérieure aux autres ?

Difficile d'argumenter d'un point de vue humain. Et si nous en devenions une ?

Comment devenons-nous une chaise ?

Pense comme une chaise. Agis comme l'une d'elles. Sois de la même matière qu'elles.

C'est aussi simple que ça ?

Sur le papier, oui. Mais ça demande une force mentale et physique immense pour devenir une chaise. Essayons, ensemble.

Les deux se lèvent en même temps de leur chaise et s'asseyent par terre. Le processus éprouvant de transformation métaphysique de la forme humaine à celle de la chaise commence. Leurs esprits changent rapidement de perspective, révélant rapidement des vérités autrement insaisissable pour les humains. Leurs os se brisent, alors que la structure de leurs corps imite fidèlement celle de l'objet divin qu'ils vénèrent. Leurs peaux adoptent une nouvelle texture, différentes pour l'un et l'autre ; en plastique et en bois.

Ils s'émerveillent de leur nouvelle condition.

… ?

… !

Pause.

Une discussion intéressante à propos des limites de l'expérience humaine vient d'avoir lieu sous nos yeux. Nos sommes chanceux d'être témoins d'une discussion si peu commune et stimulante.

… ?

Il se tourne vers la question de ce qui rend une chaise supérieure aux autres.

… ?!

Il est offensé par la nature de la question.

… !

Il feint des excuses, avant d'attribuer sa supériorité au matériel duquel il est constitué ; du vieux bois de chêne.

… ?!? … !

… ??? … !!

Il rétorque. Une chaise n'est pas supérieure par la seule vertu de son matériel. Il ajoute, d'un ton moqueur, que le bois appartient au passé, et qu'il est mal-adapté au besoin des temps présents. Cette réponse est particulièrement offensante et est considérée comme une insulte cruelle parmi les chaises. Il en est rendu furieux.

… ! … !! … !!!

… ?! … ! … ! … ! … !!! … !!!!

La discussion tourne au vinaigre et s'échauffe. Ils se lancent des invectives haineuses. Les chaises à proximité sont choquées de la véhémence dépeinte ici.

… ! …

Il tente de désamorcer la joute verbale.

Il accepte et les deux s'excusent, épuisés par une confrontation aussi intense. Ce même épuisement rend impossible de demeurer dans cette forme élevée d'existence ; ils doivent retourner au Royaume des Hommes.

Oh que c'est dommage.

C'est bien dommage.

Devons-nous aussi retourner à la forme humaine physique ? C'est plutôt gênant et atroce.

Ils doivent. C'est une vue hideuse et douloureuse à apercevoir. Les os se reconstituent, tandis que les organes retournent à leurs fonctions originelles et que leurs peaux retournent à leur texture initialement douce. Tous sont déçus. Ils s'asseyent à nouveau sur leurs chaises, qui ont honte d'eux.

Peut-être que nous ne méritions pas cette expérience supérieure.

Nous devons encore en être témoins.

Quoi ?

(Étouffé) La Chaise.

Tu sais que que je peux t'entendre parfaitement, hein ? Tu viens de dire "étouffé" à voix haute.

Alors pourquoi as-tu dis "quoi", alors ?

Pourquoi ?

Non, "quoi".

Quoi ?

Oui, ça.

Je t'ai juste posé une question, ne sois pas nerveux.

Je ne le suis pas.

Il transpire abondamment.

Tu es nerveux. Regarde-toi, tu trembles. Qu'est-ce qui cause cette nervosité, petite chose nerveuse ? Qu'est-ce qui cause cette agitation ? As-tu douté ? Est-ce que tu doutes d'Elle ?

Quoi ?

La Chaise.

Moi ? Non, jamais je n'oserais douter de la Chaise.

Oh mais bien sûr que tu le ferais ! Je peux le voir, dans tes yeux… Tout le monde ! Cet individu doute de la Chaise !

Tous ont le souffle coupé. Un projecteur jette un faisceau de lumière aveuglant sur lui.

C'est absolument faux. Permets-moi de te prouver mon dévouement, mais avant de faire ça, est-ce que le projecteur peut être éteint ? J'ai mal aux yeux.

Le projecteur est éteint. Tous attendent une explication.

Ma vie entière a été au service de la Chaise. J'ai vendu des chaises, j'en ai tant vendu, je suis un expert de la vente de chaises. Ma femme est une chaise, et elle ma vie, tous comme mes trois petits bouts d'chaises. Regardez-moi ça, cette famille adorable et magnichaise. Contemplez au plus profond du plastique brillant de ma tête et osez me dire que je ne suis pas loyal.

Il montre une image encadrée de sa famille, qui consiste de lui entouré d'une chaise de taille normale et de trois chaises miniatures. Tous sont larmoyants. Une belle famille artisanale comme il en existe peu.

En plus de ça, mon père était chaise, mon grand père était une chaise, mon arrière grand-père était aussi une chaise, tout comme l'est ma sœur, ma mère, mon facteur et son patron, au siège de son entreprise. Que tu puisses douter que je sois un honnête disciple de la Chaise est insultant. Je me suis assuré que tout le monde en cet endroit soit bien assis, j'ai fait attention à ceux que leurs petites fesses soient confortables, qu'aucun des fessiers dans cet univers ne souffrent d'une mauvais expérience en position assise, et tu oses m'accuser de la sorte, en face de moi ?! Je suis terriblement déçu.

Tous applaudissent, convaincu par le discours passionné.

Je te testais juste.

Ai-je réussi le test ?

Mais bien sûr.

Qu'ai-je gagné ?

Rien.

Oh. Où en étions-nous ?

Nous étions au moment où nous disions qu'expliquer ce qui se passait ne semblait pas être pertinent. Mais, si nous n'attendons pas pour une explication, qu'attendons-nous ?

Nous attendons de la voir.

Hé, ne t'assis pas sur moi ! Assis-toi sur ta chaise.

Pardon. Tu avais l'air confortable.

Voir quoi ?

As-tu oublié ? La chaise.

J'aimerais vraiment bien dormir. Quand est-ce que l'aide viendra ? Cela fait si longtemps que nous n'avons pas eu de nouvelles. Je ne sais même plus qui je suis, et cette carcasse que j'appelais autrefois un corps est entièrement dédiée à une cause que je ne peux pas entièrement comprendre. J'avais des amis, une famille, des pensées propres à moi, mais ce n'est plus le cas, ce n'est plus le cas, plus du tout. Seulement de maigres épisodes de lucidité, mais cela me sera aussi retiré pour une promesse plus grande. Un objet plus grand. Ou, peut-être, une raison plus grande. Nous avions été promis du secours, mais personne n'est venu. Nous sommes ici pour être témoins d'une vérité extraordinaire qui nous sera un jour révélée.

Pause.

Détourne ton regard.

Ah, tu es sot ! Pas besoin de tout ça. Il suffit juste que la page se charge.

Erreur 500.

Oh, eh bien. Recharge la page.

Depuis quand sommes-nous ici ?

Je… Je ne sais pas. Je crois qu'on était en train d'attendre pour une image. C'est mon seul souvenir. Ce n'est p

Il appuie sur le bouton F5. La page se relance.

T'es en train de me dire que tout ça, c'est pour une chaise ?


Sauf mention contraire, le contenu de cette page est protégé par la licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0 License