La Cage d'Escalier Eschérienne ne connait qu'un sens—en montant. C'est une masse antique d'architecture brutaliste, un escalier en spirale qui commence mais ne finit jamais. Déterminés, bien qu'obstinés, les vagabonds ont essayé mais ont failli à atteindre une destination supposée en montant l'escalier, seulement pour retourner à leurs points de départ. Une lumière aveuglante enveloppe le plafond, pourtant peu importe la distance que l'on monte, cette dernière ne se réduit jamais. Une telle infinité incohérente est monnaie courante dans un endroit où les lois de la physique cessent d'exister. Toutefois, alors que des vagabonds sans but traversent la cage d'escalier, indifférents à la monotonie du noir et blanc, ils pourraient remarquer le silence pesant de l'environnement—entendant la pulsation de chaque battement de cœur et le sifflement de chaque respiration.
Il n'y a rien à craindre. La plupart des vagabonds vont calmement traverser une volée d'escaliers avant de réaliser que la grandiosité est une façade — en son cœur, La Cage d'Escalier Eschérienne est une illusion récurrente. Elle n'est pas destinée à tromper, ni à impressionner. Elle n'est pas malveillante, pour autant elle n'est pas non plus bienveillante. La Cage d'Escalier existe dans un espace clos, et il n'y a rien de plus. Son existence a beau être inhabituelle et déconcertante, mais ce n'est en aucun cas un souvenir dont on se remémore. Ce n'est pas de la torture psychologique. Il n'y a pas de fin inconcevable à atteindre. Il n'y a aucun sens cachée dans ses marches. Mais par dessus tout, le plus important est qu'il n'y a aucun danger, et qu'il n'y a pas de récompense. Une révélation sur l'insignifiance totale de cet escalier pourrait survenir, mais pour la plupart des vagabonds, c'est à peine une réflexion.
À la fin, peu importe comment on l'embellit, cette structure permanente est comme tous les autres paysages que les vagabonds pourraient explorer : elle est insignifiante et inconsidérée. Et ça restera ainsi pour toute l'éternité… en tout cas, jusqu'à ce que notre perception d'elle la remodèle pour lui redonner une nouvelle vie. Comme tout en ce monde, elle aura une nouvelle fois son temps sous les projecteurs, son histoire racontée d'une autre manière encore.


