Je rentre dans cette maison avec cette porte d’un aspect vieillot, mais qui pourtant avait l’air de n’avoir été installée qu'hier. L’ambiance me rappelait ma jeunesse, dans les quartiers modestes de Lille aux alentours de 1984, je voyais la télévision allumée, avec le son éteint, celle-ci tourne en boucle sur les images d’une usine fumante, je mis quelques secondes avant de comprendre que c'étaient des images de la centrale de Tchernobyl. Bien, cela me donnait une bonne indication, nous étions dans le mois d’avril ou mai 1986, ou alors étions-nous le 21 mars 1983, attendez…
J'aurais juré que l’horloge tournait en sens inverse, mais maintenant que je regarde celle-ci, plus aucune aiguille ne tourne. Soit ce niveau veut me rendre fou, soit, je suis moi-même fou, c’est ce qui doit arriver à force de vagabonder dans les backrooms, nous nous faisons pervertir par le malin, tu es d’accord avec moi ?
Tiens donc il y a un journal ici, avec une note, que je trouve assez ironique au vu de la localisation, enfin celle qu’on pourrait appliquer au monde réel, il était noté : “Chère Mère, ils parlaient de 36 et des coups de grisou”.
J’ouvris doucement ce journal, de peur que celui-ci ne se détruise sous le poids du temps, je vis entre la 4e et 5e pages, un 33 tours, de la chanson de Pierre Bachelet, Les Corons, j’eus un choc, comme si durant quelques secondes, je m'étais retrouvée au plus près de la réalité, je pouvais la sentir, la palper, crois-moi, ce niveau regorge de choses qui j’en suis sûr bouleverserait à jamais la vision de ce monde, et fera comprendre que c'est lui (le malin) qui nous a envoyés là. Il y a une cassette VHS, au-dessus d’une lettre, je m’en saisis avec délicatesse, car tu dois être d’accord avec moi, mais l’équilibre ne doit pas être changé, il ne faut pas le déranger, il faut être respectueux, n'est-ce pas, tu n’es pas ingrat tout de même envers lui, je l'espère ?
Je me rends au niveau de la télévision après avoir pris la VHS, où un vieux magnétoscope se trouve, après avoir touché un bouton, j’y rentre le VHS, ce bruit caractéristique portant une nostalgie de ma toute jeune enfance, chez ma grand-mère, je me vois encore regarder des cassettes enregistrées illégalement veilles de plusieurs années des Contes de la Crypte. Sur cette télévision à tube cathodique grésillant, dont le bruit résiduel qui est en lui-même un souvenir magnifique d’une époque révolue. Les courtes vidéos défilent, on y voit tantôt des enfants jouer avec la caméra, d'autres s'amuser dans une aire de jeux, ou des gens pique-niquer sur une plage.
Je me sens portée par le vent, je me transforme, je ne suis plus moi, je suis l'élue, cette émotion, ce mélange de tristesse et gaieté. Bravo gamin, tu as raison, il me punit avec cette mélancolie bourdonnante, elle me fait vibrer comme ci, je devenais l’un des souvenirs de cette VHS, je deviens elle, je me fais absorber, pourquoi me fait-il ça, moi qui crois en lui, qu'est-ce que cette eau est bonne, que sable est… C'est une larme là, voilà la dernière chose, il m'a battu avec cet endroit. Je pars le rejoindre.



